Archives de catégorie : Arts plastiques

La Bretagne et les peintres, images d’un stéréotype

Paul Gauguin, Les Quatre Bretonnes, 1886. Huile sur toile, 71,8 x 91,4 cm. Neue Pinakothek, Munich.

Paul Gauguin, Les Quatre Bretonnes, 1886. Huile sur toile, 71,8 x 91,4 cm. Neue Pinakothek, Munich.

Avant de partir s’installer définitivement à Tahiti en 1895, Paul Gauguin séjourne plusieurs fois en Bretagne. Loin d’être le seul, il illustre une tendance propre au 19e siècle. De nombreux peintres s’y rendent pour s’inspirer de son authenticité dans le sens le plus pittoresque du terme. Ils contribuent à l’élaboration d’un stéréotype visuel global qui persiste encore à l’heure actuelle.

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Gérard Alary noircit les murs de la galerie Fernand Léger

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Il faut s’aventurer dans les profondeurs de l’avenue Georges Gosnat. Au 93 de la rue, simple arête parmi les angles d’Ivry, la galerie Fernand Léger propose une descente dans la peinture de Gérard Alary. Jusqu’au 14 décembre, l’exposition Mesure pour Mesure se fait le témoin de la vacuité de l’existence.

Sales obscures

Des murs blancs immaculés face de grandes toiles noircies par la peinture : au cœur de la galerie Fernand Léger, le choc des non-couleurs. Les grands néons blancs aux allures cliniques ne suffisent pas à aseptiser les toiles dégoulinantes de peinture de Gérard Alary. Le noir hurle à la gueule du blanc trop pur. En apparence tous les oppose. Mais avant d’être galerie, il y avait ici un cinéma. L’obscurité était condition sine qua non. Ainsi, les peintures d’Alary ne font que rappeler le souvenir d’un lieu qui engloutissait les êtres au cœur de ses ténèbres. Comme si rien n’avait vraiment changé, le noir s’affiche ici partout.

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Exposition Bernard Bousquet : pile ou face ?

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Il faut le savoir : l’exposition d’aujourd’hui ne sera sans doute pas la même demain. Bernard Bousquet investit le Générateur à Gentilly jusqu’au 6 juillet mais il est du genre perfectionniste. Il revient donc tous les jours pour ajuster, tourner, retourner, modifier. Tâche d’autant plus ardue que ses toiles sont peintes recto… verso.

« La texture d’une toile est différente à l’avant et à l’arrière. Au recto, l’apprêt fait ressortir les couleurs de manière très vive. Au verso, la toile brute les absorbe. Cette ambivalence sur un même support m’intéresse depuis longtemps ». Dans l’ancienne salle de projection, les grands lés de 10 mètres par 2 exposés au sol et sur les murs ont donc deux visages. Seul problème : quel côté choisir ? Lors de la création, Bernard Bousquet avoue ne pas avoir voulu réfléchir à ce qu’il y avait derrière : « Je cherchais l’aléatoire, voire la contradiction. Je me suis donc empêché de faire un côté en fonction de l’autre » . Mais l’artiste est parfois bien embêté avec ses toiles : « Celle-ci, j’ai envie de la couper mais je ne peux pas… il y a un superbe motif au verso ! »

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Marine Chaudron

Mac/Val : Ange Leccia, la mélancolie de l’adolescence

Logical Song logical-song 2

Logical Song , la célèbre chanson du groupe Supertramp donne le titre et le ton de l’exposition d’ Ange Leccia au Mac/Val. Jusqu’au 22 septembre, l’artiste invite le public à se plonger dans cette période si particulière qu’est l’adolescence. Grâce à un assemblage de vidéos, il projette sa vision de cette phase éphémère de l’être humain.

Au centre de la salle d’exposition, six immenses écrans trônent, formant un coeur et ses ventricules. A l’image, une jeune fille chante Supertramp, le regard perdu au loin : « When I was young, it seemed that life was so wonderful, a miracle, it was beautiful, magical » . Son visage se répercute d’un écran à un autre, obligeant le public à accepter cette frontalité. Avec cette exposition d’Ange Leccia, nul besoin de se déplacer dans l’espace. Il suffit d’observer autour de soi pour embrasser l’intégralité de cette oeuvre composée de films qu’il a réalisés depuis les années 1970 jusqu’à nos jours.

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Marine Chaudron

Crédac : Lara Almarcegui gratte sous la surface d’Ivry

Poids Sao Paulo 2

Jusqu’au 23 juin, le Credac d’Ivry accueille l’exposition Ivry Souterrain,de Lara Almarcegui. Une réflexion sur la transition de la ville d’Ivry, vue du dessous.  Le projet a commencé en 2010, lorsque la commissaire du Crédac d’Ivry, Claire Le Restif, a convié l’artiste, passionnée par les villes en mutation, à se pencher sur le territoire ivryen. 

Exploratrice, Lara Almarcegui n’avait pas de projet particulier en tête en arrivant à Ivry. A force d’arpenter les recoins de la ville, une idée a germé, qui est à la base de cette exposition : un livre intitulé Ivry souterrain, une plongée dans les dessous de la ville, inaccessibles et invisibles. Ce livre s’accompagne de trois clichés de la première excavation du vaste projet urbain Ivry Confluences, qui a eu lieu au Quai aux grains.

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Natures artificielles : quand l’art se mesure aux éléments

Natures artificielles 2

Hydrogeny d’Evlina Domnitch et Dmitry Gelfand © Marine Chaudron

Qui n’a jamais rêvé de contrôler les éléments ? L’exposition Natures artificielles, qui se tient jusqu’au 14 avril à la Maison des arts et de la culture de Créteil dans le cadre du festival Exit, relève le défi. Résultat : une expérience déroutante et multi-sensorielle pour le visiteur.

Entre une éclipse projetée sur un mur (Felicie d’Estienne d’Orves), un nuage à écouter et à voir bouillonner à ses pieds (Gaybird),  une diffraction poétique des particules de lumière (Evelina Domnitch et Dmitry Gelfand), les 27 artistes présentés n’hésitent pas à recréer les éléments, décomposer la matière ou encore mesurer l’impact de l’homme sur le monde. Imitation, déformation ou rejet, la nature est source inépuisable d’inspiration… [Lire la suite sur 94 Citoyens]

Marine Chaudron

Daido Moriyama, l’étreinte charnelle de la photographie

© Galerie Polka, exposition Daido Moriyama

© Galerie Polka, exposition Daido Moriyama

L’escalier descend en plongée dans le monochrome. Dans son sous-sol, la galerie Polka a présenté la troisième partie du cycle de son exposition consacrée à Daido Moriyama. Une dizaine de sérigraphies noires et blanches, épaisses, grainées, sont accrochées aux cimaises et jalonnent des murs eux aussi monochromes. Elles sont issues de photographies prises entre les années 70 et aujourd’hui et illustrent, à travers la représentation de la ville de New York, la physicalité du médium chère à l’artiste.

Un homme qui marche

Né en 1938 au Japon, Moriyama sillonne les grandes métropoles du monde depuis une cinquantaine d’années. New York, réceptacle de corps en mouvement comme toutes les villes de cette envergure, fait partie de ses fétiches. Il y prend un nombre incalculable de photos et son processus n’a pas changé en cinquante ans. Il marche d’un pas rapide dans les grandes artères puis, tel un chien errant comme il se définit souvent, emprunte le dédale des ruelles secondaires. Il capture ainsi la vie, muni de son appareil compact, plus discret et donc moins gênant pour les passants qu’il prend en photo. Parce que ce qui l’intéresse ne se trouve pas tant dans l’environnement qui l’entoure mais dans le mouvement foisonnant de ces espaces urbains. Il évoque le désir qui, selon lui, ruisselle de toute part. Il y a quelque chose de sensuel, voire de charnel dans sa façon de photographier le monde. A croire que le sens du toucher serait plus développé que la vue dans l’acte de capture. Continuer la lecture