Archives de catégorie : Arts

Natures artificielles : quand l’art se mesure aux éléments

Natures artificielles 2

Hydrogeny d’Evlina Domnitch et Dmitry Gelfand © Marine Chaudron

Qui n’a jamais rêvé de contrôler les éléments ? L’exposition Natures artificielles, qui se tient jusqu’au 14 avril à la Maison des arts et de la culture de Créteil dans le cadre du festival Exit, relève le défi. Résultat : une expérience déroutante et multi-sensorielle pour le visiteur.

Entre une éclipse projetée sur un mur (Felicie d’Estienne d’Orves), un nuage à écouter et à voir bouillonner à ses pieds (Gaybird),  une diffraction poétique des particules de lumière (Evelina Domnitch et Dmitry Gelfand), les 27 artistes présentés n’hésitent pas à recréer les éléments, décomposer la matière ou encore mesurer l’impact de l’homme sur le monde. Imitation, déformation ou rejet, la nature est source inépuisable d’inspiration… [Lire la suite sur 94 Citoyens]

Marine Chaudron

Panorama, la compilation live de Philippe Découflé

Panorama © Christian Berthelot

Panorama © Christian Berthelot

Avec Panorama, Philippe Découflé décloisonne. Sa carrière tout d’abord, puisqu’il présente dans ce melting pot des séquences tirées de ses spectacles passés. Mais aussi les disciplines. Danse certes, mais aussi théâtre, chant ou encore cirque, tous les arts vivants sont sur scène. Avec une seule question en filigrane : qu’est-ce que le corps ?

Une quinzaine de séquences se succèdent. Chacune d’elles met le corps des danseurs à l’épreuve, comme pour en définir les limites. Les nombreuses chutes d’abord, rappellent que sans vie, celui-ci n’est rien d’autre qu’une masse inerte. Alors sur scène, les interprètes font aller et venir leurs énergies internes, passant d’un état à un autre. Les chutes font également écho à la notion de gravité qui le cloue à la terre ferme. Que se passerait-il si le corps était indépendant de la pesanteur ? Grâce à un système de corsets et d’élastiques propre au cirque, Découflé lance une réponse chimérique. Le couple d’amoureux tente en vain de s’envoler pour rejoindre le reste de l’humanité mais retombe, inlassablement, sur la mosaïque bleutée. L’amour ne semble pas suffire à atteindre le septième ciel.

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Daido Moriyama, l’étreinte charnelle de la photographie

© Galerie Polka, exposition Daido Moriyama

© Galerie Polka, exposition Daido Moriyama

L’escalier descend en plongée dans le monochrome. Dans son sous-sol, la galerie Polka a présenté la troisième partie du cycle de son exposition consacrée à Daido Moriyama. Une dizaine de sérigraphies noires et blanches, épaisses, grainées, sont accrochées aux cimaises et jalonnent des murs eux aussi monochromes. Elles sont issues de photographies prises entre les années 70 et aujourd’hui et illustrent, à travers la représentation de la ville de New York, la physicalité du médium chère à l’artiste.

Un homme qui marche

Né en 1938 au Japon, Moriyama sillonne les grandes métropoles du monde depuis une cinquantaine d’années. New York, réceptacle de corps en mouvement comme toutes les villes de cette envergure, fait partie de ses fétiches. Il y prend un nombre incalculable de photos et son processus n’a pas changé en cinquante ans. Il marche d’un pas rapide dans les grandes artères puis, tel un chien errant comme il se définit souvent, emprunte le dédale des ruelles secondaires. Il capture ainsi la vie, muni de son appareil compact, plus discret et donc moins gênant pour les passants qu’il prend en photo. Parce que ce qui l’intéresse ne se trouve pas tant dans l’environnement qui l’entoure mais dans le mouvement foisonnant de ces espaces urbains. Il évoque le désir qui, selon lui, ruisselle de toute part. Il y a quelque chose de sensuel, voire de charnel dans sa façon de photographier le monde. A croire que le sens du toucher serait plus développé que la vue dans l’acte de capture. Continuer la lecture