Cartes sur tables : Ibrahim Maalouf au cœur d’une rencontre au 104

Maalouf 104

Ibrahim Maalouf au 104 © Marine Chaudron

Réunir musique et patrimoine : tel est l’objectif du Festival d’Ile-de-France. Cette année, Ibrahim Maalouf faisait partie des têtes d’affiche avec un spectacle, Cartes sur table, présenté au 104, dans le XIXème arrondissement. Un concert concocté spécialement pour l’occasion et à l’image même du festival, celle de la rencontre.

Ibrahim Maalouf le jazzman, seul avec sa trompette et ses airs nostalgiques. Lorsqu’on écoute une chanson comme Beirut, l’image de l’artiste tourmenté semble apparaître à travers les notes. Quelle ne fut donc la surprise pour le public du festival d’Ile-de-France de découvrir sur la scène du 104 non pas un mais soixante musiciens ! Pour cette commande spéciale, Ibrahim Maalouf a vu les choses en grand. Fidèle à ses doubles racines, il a fait venir du conservatoire de Beyrouth au Liban un orchestre entier. Pour les accompagner, son propre groupe bien sûr, mais aussi des bacheliers musiciens du lycée Georges Brassens à Paris. La petite scène du 104 était donc pleine à craquer. Pour autant, coordination et maîtrise régnait sous le regard du chef d’orchestre, Maalouf lui-même. Avec un objectif en tête : créer une rencontre unique.

Des disciplines, un soir, une rencontre

Cartes sur table, c’était effectivement la rencontre des origines entre musiciens français et libanais mais aussi celle, plus puissante encore, des disciplines. Pour ce spectacle, Ibrahim Maalouf a laissé son imagination courir autour de la vie qu’aurait pu avoir l’un des personnages les plus ambivalents des jeux de cartes : le joker. Bien ou mal, ange ou démon, il a mêlé les arts pour mieux refléter la complexité de son protagoniste. Musique, chant, théâtre, danse, mais aussi magie : Yann Frisch, prestidigitateur notoire, manipulait aussi bien les cartes que l’humour. Pendant 1h30, musique et saynètes se sont donc succédé sur la scène du 104, dans des tons oscillant entre le bar un peu glauque et la cérémonie religieuse.

Sans oublier la musique

Il y avait bien quelque chose de sacré dans ce spectacle, dans cette rencontre. Je ne saurais dire si ce sentiment provenait de la présence pour ma part tant attendue d’Ibrahim Maalouf au centre de la scène, en grand ordonnateur de la musique tournant le dos à son public, ou du chœur franco-libanais entamant des litanies quasi-rituelles. Sans doute un peu des deux. Les sceptiques n’auront pas été déçus : malgré le nombre impressionnant de musiciens sur scène, les sonorités si particulières du travail du jazzman étaient bien là, illustrées par les instruments orientaux des Libanais, et bien sûr par sa fameuse trompette. Trompette dont il a mystérieusement perdu la trace à la fin du spectacle… En espérant que Yann Frisch lui rendra !

Le 104
5 rue Curial
75019 Paris

Marine Chaudron

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