Faire le plein de vide au Turbine Hall

Turbine Hall © Marine Chaudron

Turbine Hall © Marine Chaudron

Parfois, la ville oppresse. Il y a trop à voir, à entendre, à faire. Une pause est alors nécessaire. A Londres, du côté de Bankside au Sud de la Tamise, se trouve le plus grand repère pour quiconque ressent le besoin de faire le vide. Inspirez… Entrez.

Il faut accéder côté Ouest. L’effet y est plus saisissant. S’avancer en foulant le sol gris et laisser son regard s’envoler vers les hauteurs de l’espace. Il y a très peu de fenêtres, il fait sombre et plutôt froid. Le temps semble suspendu, bloqué dans un moment de contemplation. Non, il ne s’agit pas d’une cathédrale du 16ème siècle mais du célèbre Turbine Hall de la Tate Modern, à Londres. Repère des promeneurs et des amoureux de l’art, cet immense volume rectangulaire uniquement traversé par un pont central accueille six mois sur douze les expositions des Unilever Series.

Le reste du temps, il demeure vide. Vide de tout objet matériel, mais plein de vie. On n’est jamais seul lorsque l’on déambule dans le Turbine Hall. Il ne sert pas uniquement de lieu de transition entre la rue et le musée. Il a une vocation à rassembler. Point de rencontre ou de recueillement, il fait converger les populations de la ville et bien au-delà en son cœur, dans le quartier autrefois stigmatisé de Bankside. Il garde de manière invisible le souvenir des histoires qui l’ont traversé.

Construit dans les années cinquante, il tient son nom et son volume impressionnant des machines à produire l’électricité qu’il abritait autrefois. La cheminée extérieure et le pont central témoignent encore de son passé industriel. Aujourd’hui réhabilité, le Turbine Hall retient l’aura des célèbres installations qui ont pris pied entre ses murs. Malgré la fraîche obscurité, il semblerait que le soleil d’Olafur Eliasson rayonne encore ici.

Marine Chaudron

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