Archives par étiquette : exposition

Exposition Bernard Bousquet : pile ou face ?

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Il faut le savoir : l’exposition d’aujourd’hui ne sera sans doute pas la même demain. Bernard Bousquet investit le Générateur à Gentilly jusqu’au 6 juillet mais il est du genre perfectionniste. Il revient donc tous les jours pour ajuster, tourner, retourner, modifier. Tâche d’autant plus ardue que ses toiles sont peintes recto… verso.

« La texture d’une toile est différente à l’avant et à l’arrière. Au recto, l’apprêt fait ressortir les couleurs de manière très vive. Au verso, la toile brute les absorbe. Cette ambivalence sur un même support m’intéresse depuis longtemps ». Dans l’ancienne salle de projection, les grands lés de 10 mètres par 2 exposés au sol et sur les murs ont donc deux visages. Seul problème : quel côté choisir ? Lors de la création, Bernard Bousquet avoue ne pas avoir voulu réfléchir à ce qu’il y avait derrière : « Je cherchais l’aléatoire, voire la contradiction. Je me suis donc empêché de faire un côté en fonction de l’autre » . Mais l’artiste est parfois bien embêté avec ses toiles : « Celle-ci, j’ai envie de la couper mais je ne peux pas… il y a un superbe motif au verso ! »

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Marine Chaudron

La Manufacture des Oeillets : un héritage américain dans le Val-de-Marne

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Manufacture des Œillets © Marine Chaudron

Briques rouges et baies vitrées : plutôt atypique pour une façade ivryenne. A l’intérieur de ce bâtiment singulier, la canopée urbaine est à portée de regard. Aujourd’hui centenaire, l’ancienne Manufacture des Œillets d’Ivry sur Seine accueille un centre d’art contemporain (le Crédac) et une école, l’EPSAA, qui forme graphistes et architectes. Une nouvelle vie dans la logique de l’esprit avant-gardiste qui a guidé sa construction.

Un passé industriel

En 1913 commencent rue Raspail à Ivry des travaux qui vont considérablement modifier la topographie du lieu. Ils sont le fruit de l’architecte français Paul Sée, chargé d’agrandir ce que l’on appelle déjà à cette époque la « Manufacture des Œillets ». En 1905, le site érigé quinze ans plutôt par Charles Bac pour la production d’œillets métalliques a été racheté par United Shoe, firme américaine qui commence à dominer le marché de la chaussure. Les deux bâtiments préexistants, la grande halle et le pavillon du gardien ne suffisent maintenant plus à accueillir toute la production. Paul Sée imagine donc une nouvelle aile directement inspirée de l’architecture d’Outre-Atlantique.

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Marine Chaudron

Crédac : Lara Almarcegui gratte sous la surface d’Ivry

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Jusqu’au 23 juin, le Credac d’Ivry accueille l’exposition Ivry Souterrain,de Lara Almarcegui. Une réflexion sur la transition de la ville d’Ivry, vue du dessous.  Le projet a commencé en 2010, lorsque la commissaire du Crédac d’Ivry, Claire Le Restif, a convié l’artiste, passionnée par les villes en mutation, à se pencher sur le territoire ivryen. 

Exploratrice, Lara Almarcegui n’avait pas de projet particulier en tête en arrivant à Ivry. A force d’arpenter les recoins de la ville, une idée a germé, qui est à la base de cette exposition : un livre intitulé Ivry souterrain, une plongée dans les dessous de la ville, inaccessibles et invisibles. Ce livre s’accompagne de trois clichés de la première excavation du vaste projet urbain Ivry Confluences, qui a eu lieu au Quai aux grains.

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Daido Moriyama, l’étreinte charnelle de la photographie

© Galerie Polka, exposition Daido Moriyama

© Galerie Polka, exposition Daido Moriyama

L’escalier descend en plongée dans le monochrome. Dans son sous-sol, la galerie Polka a présenté la troisième partie du cycle de son exposition consacrée à Daido Moriyama. Une dizaine de sérigraphies noires et blanches, épaisses, grainées, sont accrochées aux cimaises et jalonnent des murs eux aussi monochromes. Elles sont issues de photographies prises entre les années 70 et aujourd’hui et illustrent, à travers la représentation de la ville de New York, la physicalité du médium chère à l’artiste.

Un homme qui marche

Né en 1938 au Japon, Moriyama sillonne les grandes métropoles du monde depuis une cinquantaine d’années. New York, réceptacle de corps en mouvement comme toutes les villes de cette envergure, fait partie de ses fétiches. Il y prend un nombre incalculable de photos et son processus n’a pas changé en cinquante ans. Il marche d’un pas rapide dans les grandes artères puis, tel un chien errant comme il se définit souvent, emprunte le dédale des ruelles secondaires. Il capture ainsi la vie, muni de son appareil compact, plus discret et donc moins gênant pour les passants qu’il prend en photo. Parce que ce qui l’intéresse ne se trouve pas tant dans l’environnement qui l’entoure mais dans le mouvement foisonnant de ces espaces urbains. Il évoque le désir qui, selon lui, ruisselle de toute part. Il y a quelque chose de sensuel, voire de charnel dans sa façon de photographier le monde. A croire que le sens du toucher serait plus développé que la vue dans l’acte de capture. Continuer la lecture