Archives par étiquette : Marine Chaudron

Le Taj Mahal, palais d’un amour

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Taj Mahal. Dynastie moghole, règne de Shah Jahan, 1632-1648. Marbre, pierres précieuses et semi-précieuses. Agra, Uttar Pradesh, Inde.

Mon nom est Arjumand Banu Begum mais on me surnomme Mumtaz Mahal, « la merveille du palais ». Je suis l’épouse d’un grand empereur moghol, Shah Jahan. Il a de nombreuses femmes mais moi c’est différent. Nous nous aimons éperdument depuis le premier regard. Je ne peux vivre sans lui et le suis donc dans toutes ses conquêtes militaires. Je ne reculerais devant rien pour rester à ses côtés.

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Body says more than words: Samson and Delilah

Samson & Delilah 4

Samson & Delilah © Mark Rogers

When it hit the screens in 2009, Warwick Thornton’s first full-length’s Samson & Delilah had already won the Camera d’or at Cannes and was already turning heads. And what everyone was talking about, was, precisely, the lack of dialogue in this « real Aboriginal movie ». As we discovered it’s not that Thornton doesn’t like chatting, but he may have shown another form of human communication.

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La Bretagne et les peintres, images d’un stéréotype

Paul Gauguin, Les Quatre Bretonnes, 1886. Huile sur toile, 71,8 x 91,4 cm. Neue Pinakothek, Munich.

Paul Gauguin, Les Quatre Bretonnes, 1886. Huile sur toile, 71,8 x 91,4 cm. Neue Pinakothek, Munich.

Avant de partir s’installer définitivement à Tahiti en 1895, Paul Gauguin séjourne plusieurs fois en Bretagne. Loin d’être le seul, il illustre une tendance propre au 19e siècle. De nombreux peintres s’y rendent pour s’inspirer de son authenticité dans le sens le plus pittoresque du terme. Ils contribuent à l’élaboration d’un stéréotype visuel global qui persiste encore à l’heure actuelle.

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« It’s a man’s country, sweetheart »

Wake in fright
Wake in Fright, 1971, by Ted Kotcheff. NLT Production. 1’10’’30

“Have a drink, mate?” may be the most popular question in Australia. Well, at least it seems when you watch some 1970s Australian movies. Not only does drinking seem to hold a major role in social relationships, but calling others “mate” embodies one of the most important aspects of Aussies’ culture: companionship. For better and for worse, apparently.

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Quand France Culture parle de football

© AFP/Lionel Bonaventure

© AFP/Lionel Bonaventure

Hier soir mardi 19 novembre,  l’équipe de France de football battait l’Ukraine 3 à 0. Une victoire qui faisait suite à de nombreux échecs, à une grève-éclair, bref à une certaine déception. Le match d’hier soir remporté par les Français a donc provoqué une vague d’euphorie dans tout le pays. Une fois n’est pas coutume, les médias se sont emparés de l’info, à tel point qu’il n’y a pas un canard ce matin qui n’évoque les Bleus.

 

France Culture ne fait pas l’exception, mais sa chronique « L’invité des matins » offre un regard plus sociologique et certainement plus intéressant sur ce sport ultra populaire. Marc Voinchet et Xavier Delaporte y reçoivent Pierre-Louis Basse, ancien journaliste sportif à Europe 1, Renaud Dély, directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, et Stéphane Régy, rédacteur en chef du magazine So Foot. Ils évoquent ensemble le retournement de veste du public, dont les Bleus étaient la risée il y a encore quelques jours et qui aujourd’hui, les acclame en héros nationaux. Les cinq journalistes soulignent également l’idée que le football français n’est pas seulement un sport mais le reflet de toute une société. L’occasion, pour ceux qui aiment mais aussi, et surtout, pour ceux qui détestent le football, de voir ce sport autrement qu’à travers le prisme de la surenchère de la victoire.

Marine Chaudron

Elizabeth Warren smacks Wall Street faces

Elizabeth Warren

© Tim Pierce

She is called “Wall Street’s nightmare”. Last week again, Sen. Elizabeth Warren (Mass.) urged the Obama administration to conduct financial and economic reform to prevent the country from another crisis. The first female senator from Massachusetts doesn’t fight for herself, but for the American middle-class she comes from. Her only device: transparency.

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Stephen King à Paris : un nouveau livre, de nouvelles frayeurs

Sephen King

Pour la première fois depuis le début de sa carrière, Stephen King, écrivain américain et maître incontesté de la terreur, se rendait à Paris cette semaine. Après une dédicace mercredi 13 novembre au MK2 Bibliothèque, il était attendu samedi au Grand Rex pour lever le voile sur Docteur Sleep, la suite du célèbre The Shining, publié en 1977. 

T-shirt, jeans et cheveux en bataille : Stephen King a plutôt l’air décontracté quand il débarque sur la scène du Grand Rex. Mais c’est pour mieux cacher une certaine timidité: celle de ne pas parler un mot de français, avoue t-il. Parce que le maître a déjà vu la France, mais jamais à titre officiel. Cette fois, il a voulu honorer ses fans de l’Hexagone en participant à un débat autour de son travail, et en répondant à leurs questions.

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Festival Kalypso : entretien avec Mourad Merzouki

© Michel Cavalca

© Michel Cavalca

De la rue à la scène, le hip-hop n’a eu de cesse de s’affirmer depuis sa naissance il y a déjà 40 ans. Du 16 au 30 novembre à Créteil, il fait l’objet d’un nouveau festival, Kalypso. Initié par le directeur du Centre chorégraphique national (CCN) de Créteil, Mourad Merzouki, ce projet a pour but de faire découvrir au public des compagnies, jeunes ou non, mais aussi des lieux de représentation. Entretien avec ce chorégraphe, auteur de 21 spectacles.

Mourad Merzouki © Michel Cavalca

Mourad Merzouki © Michel Cavalca

Qu’est-ce qui différencie le hip-hop des autres danses ?

Le hip-hop est une danse généreuse : il s’adresse à tous. Né dans la rue de la manière la plus démocratique qui soit, il évolue en continu entre elle et la scène. Aussi, il puise ses sources et ses ressources dans la vie quotidienne. Il est très proche de la société dans laquelle il vit, et selon moi, un véritable reflet de notre monde. Pour toutes ces raisons, la danse hip-hop est unique en son genre, et peut concourir au dialogue entre les arts et le public.

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Marine Chaudron

Cartes sur tables : Ibrahim Maalouf au cœur d’une rencontre au 104

Maalouf 104

Ibrahim Maalouf au 104 © Marine Chaudron

Réunir musique et patrimoine : tel est l’objectif du Festival d’Ile-de-France. Cette année, Ibrahim Maalouf faisait partie des têtes d’affiche avec un spectacle, Cartes sur table, présenté au 104, dans le XIXème arrondissement. Un concert concocté spécialement pour l’occasion et à l’image même du festival, celle de la rencontre.

Ibrahim Maalouf le jazzman, seul avec sa trompette et ses airs nostalgiques. Lorsqu’on écoute une chanson comme Beirut, l’image de l’artiste tourmenté semble apparaître à travers les notes. Quelle ne fut donc la surprise pour le public du festival d’Ile-de-France de découvrir sur la scène du 104 non pas un mais soixante musiciens ! Pour cette commande spéciale, Ibrahim Maalouf a vu les choses en grand. Fidèle à ses doubles racines, il a fait venir du conservatoire de Beyrouth au Liban un orchestre entier. Pour les accompagner, son propre groupe bien sûr, mais aussi des bacheliers musiciens du lycée Georges Brassens à Paris. La petite scène du 104 était donc pleine à craquer. Pour autant, coordination et maîtrise régnait sous le regard du chef d’orchestre, Maalouf lui-même. Avec un objectif en tête : créer une rencontre unique.

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Gérard Alary noircit les murs de la galerie Fernand Léger

Alary 1

Il faut s’aventurer dans les profondeurs de l’avenue Georges Gosnat. Au 93 de la rue, simple arête parmi les angles d’Ivry, la galerie Fernand Léger propose une descente dans la peinture de Gérard Alary. Jusqu’au 14 décembre, l’exposition Mesure pour Mesure se fait le témoin de la vacuité de l’existence.

Sales obscures

Des murs blancs immaculés face de grandes toiles noircies par la peinture : au cœur de la galerie Fernand Léger, le choc des non-couleurs. Les grands néons blancs aux allures cliniques ne suffisent pas à aseptiser les toiles dégoulinantes de peinture de Gérard Alary. Le noir hurle à la gueule du blanc trop pur. En apparence tous les oppose. Mais avant d’être galerie, il y avait ici un cinéma. L’obscurité était condition sine qua non. Ainsi, les peintures d’Alary ne font que rappeler le souvenir d’un lieu qui engloutissait les êtres au cœur de ses ténèbres. Comme si rien n’avait vraiment changé, le noir s’affiche ici partout.

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