Archives par étiquette : musique

Vidéo Rap Saigon : vis ma vie d’expat à Saigon

Le 28 septembre dernier, une vidéo mise en ligne sur Youtube a fait le buzz dans la bulle saigonnaise et sur les réseaux sociaux. Intitulée Rap Saigon, elle met en scène une jeune expatriée rappant à propos de la vie quotidienne dans la ville.

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Cartes sur tables : Ibrahim Maalouf au cœur d’une rencontre au 104

Maalouf 104

Ibrahim Maalouf au 104 © Marine Chaudron

Réunir musique et patrimoine : tel est l’objectif du Festival d’Ile-de-France. Cette année, Ibrahim Maalouf faisait partie des têtes d’affiche avec un spectacle, Cartes sur table, présenté au 104, dans le XIXème arrondissement. Un concert concocté spécialement pour l’occasion et à l’image même du festival, celle de la rencontre.

Ibrahim Maalouf le jazzman, seul avec sa trompette et ses airs nostalgiques. Lorsqu’on écoute une chanson comme Beirut, l’image de l’artiste tourmenté semble apparaître à travers les notes. Quelle ne fut donc la surprise pour le public du festival d’Ile-de-France de découvrir sur la scène du 104 non pas un mais soixante musiciens ! Pour cette commande spéciale, Ibrahim Maalouf a vu les choses en grand. Fidèle à ses doubles racines, il a fait venir du conservatoire de Beyrouth au Liban un orchestre entier. Pour les accompagner, son propre groupe bien sûr, mais aussi des bacheliers musiciens du lycée Georges Brassens à Paris. La petite scène du 104 était donc pleine à craquer. Pour autant, coordination et maîtrise régnait sous le regard du chef d’orchestre, Maalouf lui-même. Avec un objectif en tête : créer une rencontre unique.

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Le jazz, sur place plutôt qu’à emporter

Le 26 juin dernier s’est ouverte la 34ème édition du festival de jazz manouche Django Reinhardt à Samois-sur-Seine (77). Le même jour, le Barrière Enghien Jazz festival fêtait également son lancement, suivi deux jours plus tard par le Défense Jazz festival. Au total, le mois de juin compte en France une quinzaine d’évènements jazz. Au mois de juillet, ce sont 40 manifestations qui célèbrent le jazz à travers tout le pays. De Sète à Mâcon, en passant par Nice et Fouras, chaque ville s’approprie la note bleue le temps d’un festival. Evénement populaire par excellence, le nombre croissant de ces festivals semble signer le grand retour du jazz sur le devant de la scène.

Le jazz a la réputation d’être élitiste. Réservé à un public de connaisseurs, bien souvent nostalgiques, suranné, les qualificatifs sont nombreux et récurrents. Pourtant, la France programme tout au long de l’année des dizaines de festivals jazz. Et ces manifestations ne datent pas d’hier. Certaines sont trentenaires, beaucoup ont une vingtaine d’années et se pérennisent. Certains festivals ont un rayonnement international et attirent des publics venus de l’étranger. Fait également notable et noté par de nombreux directeurs d’évènements : le public rajeunit, et fluctue énormément d’un concert à l’autre au sein d’une même manifestation. S’agit-il d’une (re)démocratisation du jazz ? « Il serait temps », soufflent à l’unisson les professionnels du secteur, qui espèrent finalement revenir à ce qu’était le jazz à ses débuts : une musique populaire.

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Die Antwoord, la catharsis venue d’Afrique du Sud

WAT

Mardi 19 juin, le Trianon à Paris a accueilli Die Antwoord, le groupe Zef sud-africain aux frontières du rap, du hip-hop et de la techno. Une petite salle pour un groupe à la notoriété croissante qui a déchaîné le public pendant un peu plus d’une heure.

Ninja, Yo-Landi Vi$$er et DJ Hi-Tek, les trois membres de Die Antwoord (« la réponse » en afrikaans), ont allègrement fait durer le suspense avant leur apparition sur la scène du Trianon. Des chants aux sonorités religieuses ont accompagné pendant une quinzaine de minutes les cris de la foule, impatiente de voir ces artistes rarement présents en France. DJ Hi-Tek a débarqué le premier avec son morceau « DJ Hi-Tek Rulez », histoire de poser les bases du concert. Ninja et Yo-Landi ont suivi et entamé leur dédaigneux « Fok Julle Naaiers ».

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Paris Jazz Festival : rencontre avec Pierrette Devineau

Pierrette Devineau 2

Paris Jazz festival investit le parc floral du bois de Vincennes tous les weekend pendant deux mois à partir de ce samedi 8 juin. Pierrette Devineau, passionnée de jazz et actuelle directrice de l’événement, raconte l’évolution de ce courant musical à travers les presque vingt ans d’existence du festival.

La programmation du Paris Jazz festival met l’accent sur les inspirations d’autres courants musicaux. Pourquoi ?

La migration fait partie inhérente de la définition du jazz et nous voulions le réaffirmer d’entrée de jeu en ouvrant le festival sur le thème de l’exode. De ces flux sont nés des échanges au cœur des différents pays. Bien que les musiciens soient très fidèles aux racines du jazz, la musique a beaucoup évolué au fil du temps. L’édition 2013 met en avant les nouvelles lignes esthétiques tracées par les musiciens actuels. Influencés par leurs propres origines et traditions, ils ont nourri la musique de ces différents apports. En résultent non pas un, mais des jazz, que nous souhaitons mettre en regard.

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Marine Chaudron

Paris Jazz Festival 2013, à la croisée des chemins

Barges à Jazz © Jacques Thevenet

Barges à Jazz © Jacques Thevenet

Yom, Manu Katché, Céline Bonacina, Roberto Fonseca, Troy « Trombone Shorty » Andrews, Hugh Masekela… c’est parti pour 31 concerts de jazz au parc floral du bois de Vincennes du 8 juin au 28 juillet.

Chaque weekend, le Paris Jazz festival renouvellera sa thématique. La saison commencera par l’exode pour revenir aux racines du jazz, puis la soul-blues, le latin jazz, le jazzé dansé ou encore le jazz sud-africain. Un programme destiné à faire naviguer le public au travers des différents courants et ainsi (re)découvrir de quoi se nourrit cette musique.

Une programmation à la croisée des chemins

Pour illustrer l’exode,  première thématique, le clarinettiste Yom, fil rouge de la saison musicale au Parc floral (qui accueille aussi le festival des Pestacles et le festival Classique au Vert), fera vivre le temps d’un concert, la migration biblique du peuple juif. Le titre paradoxal, « Silence de l’exode », révèle le défi de transformer l’indicible en musique.

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Marine Chaudron

Team Ghost : voyage electro

Team-Ghost-Rituals

Team Ghost © Julot Bandit

Une voix s’élève dans le paysage de la musique électronique. Le groupe Team Ghost vient de sortir son premier album. Douze titres, des choeurs presque religieux et des accords de guitare obséquieux : le nouveau-né s’intitule Rituals et contient en essence tout ce qui fait la singularité de Team Ghost.

Rituals, le manifeste

Durant deux ans, les cinq membres de la Team passent beaucoup de temps sur scène : ils assurent la première partie de la tournée européenne du duo electro Crystal Castles. Côté pratique, ils commencent à être rôdés. Côté théorie, ils posent cette année Rituals. Le titre évocateur donne une teneur presque sacrée à ce disque si longuement attendu. Dans son ensemble, Rituals relève d’une même dynamique, propre à Team Ghost depuis ses débuts : la convergence, davantage que le mélange, des genres. Ainsi des deux premiers morceaux, Away et Curtains, qui présentent d’entrée de jeu les principes de l’album. Il s’agit d’embarquer dans un même bateau une atmosphère planante, des riffs électriques et des accords électroniques. Team Ghost, onzième morceau éponyme, fait figure de manifeste en réunissant toutes les composantes.

Un premier album attendu

Avant de pouvoir écouter le premier véritable bébé du groupe, il a quand même fallu patienter plusieurs années. En 2004 Nicolas Fromageau quitte le célèbre duo electro M83 et ce n’est que trois ans plus tard, en 2007, qu’il décide de rebâtir un projet musical avec Christophe Guérin. You never did anything wrong to me constitue le premier EP (7 titres) à partir duquel le magazine britannique New Musical Express les étiquette « cold-gaze », mélange de shoegaze (My Bloody Valentine) et de cold-wave (Joy Division). Déjà pointe l’idée de convergence des genres. L’EP suivant, Celebrate what you can’t see, entraîne dans son sillage l’arrivée de Benoit de Villeneuve, compositeur, ainsi que Pierre Blanc, bassiste, et Félix Delacroix, batteur, dans le groupe. Nous sommes en 2010 et Team Ghost est alors au complet. Trois ans plus tard, le groupe livre Rituals, à l’image de leur philosophie musicale.

Rituals : la rencontre des genres

Dans ce voyage, la voix a un rôle majeur. Unique, chorale, naturelle ou électronique, elle donne des repères. Les paroles sont ambivalentes : tantôt une invitation au sexe (Somebody’s watching), tantôt mélancolique (Broken Devices), elles constituent les différentes facettes d’une même entité. La présence de la voix dénote souvent avec la brutalité des accords pop-rock, parfois proches du metal. La sérénité d’All we left behind se voit ainsi balayée d’un coup de batterie et de guitare électrique sans aucun préambule. L’album prend aussi racine dans la musique électronique. Beats, synthés, et distorsions sont omniprésents, non sans rappeler les compos de M83. Team Ghost fait ainsi de ses origines éclectiques une force musicale. L’album se termine d’ailleurs par le symphonique « We won’t fail », comme une promesse tournée vers l’avenir.

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Team Ghost, Rituals, 2013, wSphere – Wagram

Prochaines dates en France :
– Festival Les Artefacts au Zénith de Strasbourg (67), 26/04
– Espace Michel Berge de Sannois (95), 08/06
– Festival Rockorama à Toulon (83), 14/06

Marine Chaudron

Andy Stott, l’électronique lyrique

Andy Stott - Luxury Problem © DR

Andy Stott – Luxury Problem © DR

Andy Stott, producteur de musique électronique a sorti en 2012 son troisième album : Luxury Problem, un disque qui apparaît comme un challenge pour l’artiste.

Rencontre avec une voix. C’est le nom que pourrait avoir le nouvel album d’Andy Stott, Luxury Problem. Fidèle à des basses très sourdes, il y pose la voix d’Alison Skidmore, son ancienne prof de piano. Rarissime dans les productions antérieures, Andy Stott prend le temps d’appréhender cet élément exogène. Les oreilles rencontrent tout d’abord cette voix si particulière. Les deux premiers morceaux fonctionnent ainsi comme des préludes, et sont emprunts d’une langueur parfois oppressante. Continuer la lecture