Un Vampire méchamment soporifique

dracula

Dracula © NBC

La série Dracula est arrivée en octobre dernier sur la chaîne américaine NBC. Malheureusement, le Comte fait d’avantage bailler d’ennui que trembler de peur.

Une histoire mythique

Il aura fallu plus d’une centaine d’année avant que la toute première adaptation télévisée du livre de Bram Stoker ne voit le jour. Le programme, produit par C.Haddon et T.Krantz (Mulholland Drive), met en scène  l’acteur Jonathan Rhys Meyers (Elvis, Belle du Seigneur) dans le rôle du vampire énigmatique. Tous les personnages du roman sont présents dans la série, et l’on ne peut certainement pas reprocher cette fidélité aux scénaristes. Néanmoins, le casting ne suffit pas, et Dracula ne parvient pas à combler les attentes de ses spectateurs.

Dés le premier épisode, l’histoire de Dracula est mise en place : un homme riche et mystérieux organise une fête grandiose et étrange pour se présenter à la société. Mina (Jessica de Gouw),  une jeune fille de bonne famille, assiste à la soirée, et se révèle être physiquement identique à l’amour perdu de Dracula. La bande-annonce est alléchante, la série, elle, est décevante.

C.Haddon et T.Krantz parviennent à déposséder le merveilleux J. Rhys Meyers (époustouflant dans les Tudors), de tout son charisme, au travers d’un Dracula insipide et ennuyeux. Le Comte, décrit comme un être sombre et mystérieux dans l’œuvre originale, devient un bourgeois féru de nouvelles technologies dans la série américaine. Les incompréhensions scénaristiques passent cependant inaperçues face à la monotonie des scènes qui se succèdent, toutes sans surprises et souvent soporifiques.

La gousse d’ail qui fait déborder le vase

Jonathan Rhys Meyers alias Dracula, © Universal Television

Jonathan Rhys Meyers alias Dracula, © Universal Television

L’ambiance gothique est réussie même si l’excès de passages sombres et brumeux embrouille davantage le spectateur qu’il ne l’envoûte. Les scènes de duels, qui dévoilent les pouvoirs de Dracula, sont entâchées par des effets spéciaux inutiles : les mouvements sont ralentis, et floutés, afin de montrer la vitesse du vampire.

La vague vampirique qui a commencé en 2008 avec la romance de Twilight semble perdre de son intérêt auprès des sériephiles. La redondance du sujet, traité d’une façon quasi similaire dans les différentes œuvres produites, étouffe le personnage du Vampire pour le remplacer par une parodie sans originalité.

Jonathan Rhys Meyers, malgré son talent, ne parvient pas à sauver Dracula qui manque cruellement de singularité. La série n’est pas un échec mais une désillusion. Les audiences américaines le confirment : le programme perd trois millions de téléspectateurs entre le premier et le dernier épisode diffusé.

Alix Werthauer

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